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Armoiries de la famille
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| Dessin Joël Gardes - Ladène | |||
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| Si
tout le monde s’accorde à reconnaître que les De Miglos de la province
de Languedoc portaient un écu écartelé (divisé en quatre partitions)
des divergences notables demeurent quant à l’interprétation du deuxième
quartier. Pour
les uns, il est « d’argent au château de sinople ». Les
autres disent « d’argent au champ de sinople », mais placent
tout de même un château dans ledit quartier. Un
auteur original a symbolisé « le champ » par une bande
horizontale inférieure, verte (sinople = vert), qui est l’expression
d’une « champagne » ou d’une « plaine ». Ignorant
même jusqu’à la façon de numéroter les partitions de l’écu,
certains ont utilisé le dessin d’autrui pour illustrer une définition
différente ; c’est ainsi que le château (toujours mis pour le
« champ » du deuxième) se retrouve au quatrième quartier. Indubitablement,
les partisans de la deuxième version « d’argent au champ de
sinople » sont dans l’erreur. Outre
les incohérences que nous venons de souligner, ladite définition présente
une impossibilité en matière réalisation héraldique. En
effet, la première couleur citée l’argent dans le cas présent est
toujours celle du fond de l’écu (ou de la partition concernée) ;
par ailleurs, le « champ », en terme de blason, désigne la
couleur de fond de l’écu (ou de la partition intéressée). On
comprendra aisément que si le « champ » (ou le fond) du deuxième
quartier est couleur argent, il ne peut être simultanément vert
(sinople), et inversement. Rétablissons
donc les armoiries de la famille De Miglos, comme suit : « Écartelé,
- au premier et quatrième, de gueules au lion d’or ; - au deuxième
d’argent au château de trois tours de sinople maçonné de sable ;
- au troisième d’azur à la croix d’or ». |
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Extrait du Grand
Armorial de Charles D'Hozier recueil officiel dressé en vertu de l'édit de 1696 |
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| Miglos. diocèze de
Rieux escartelé au 1 et 4 deguelle au lyon d'or, au 2 d'argent au chasteau donjonné de Sinople, au 3 d'azur à la croix d'or |
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| Pièces originales du
Cabinet (ancienne archives de la chambre des Comptes) (Vol 1964 - f°19). - Miglos - Cote 45.069 - XVIIIème siècles |
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| Sous
Louis XIV, une branche de cette famille de Miglos, établie en Gascogne,
portait « de gueules au lion d’or ». Contrairement
au dires de certains auteurs, il ne devait pas s’agir d’une lignée
cadette, mais pour les raisons données plus haut plus vraisemblablement ,
de la branche aînée. Évoquons
maintenant le problèmes d’éventuelles armoiries qui seraient propres
à la seigneurie de Miglos. C’est
là qu’intervient l’auteur de l’ouvrage « la Baronnie de
Miglos ». Mais avant toute chose, notons que l’intéressé passe sous silence le description du blason des porteurs de se patronyme. |
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Ainsi, C. Barrière-Flavy indique-t-il : « Indépendamment des armoiries particulières des diverses familles qui possédèrent la seigneurie de Miglos, cette baronnie avait ses armes propres : Écartelé, premier d’azur à la croix d’or ; aux deuxième et troisième, de gueules de lion rampant d’argent au château de sable ». | ||
| Malheureusement,
cet auteur n’a cité aucune source et mes multiples investigation en la
matière ne m’ont pas permis de confirmer de telles assertions. Ces
prétendues armoiries attachés à la terre de Miglos, dérivent par leur
conception de celles de la famille noble du même nom. Il
serait fort surprenant qu’elles aient pu traverser ainsi une si longue période
(plus de cinq siècles) si l’on considère que, dès le début du XVIème
siècle, les De Miglos avaient définitivement perdu leur fief, que de très
illustres familles ont possédé successivement jusqu’à la Révolution
(Les Son, Rabat, Arnave, Louvie, Beon, Goth, Montaut-Labat). Au
XVIème siècle, la communauté de Miglos ne jouissait pas
d’un statut particulier et, à ce titre, on voit mal comment ce lieu
aurait pu obtenir ses propres armoiries (qui plus est, curieusement calquées
sur celles d’une branche cadette des anciens maîtres de cette petite
vallée). Compte
tenue de tout ceci, je ne puis partager les convictions (simples
convictions, s’agissant d’indications non étayées) de C. Barrière-Flavy. En
ce qui concerne les armoiries de la famille De Miglos, j’ai pensé
qu’il était nécessaire de corriger les erreurs s’y rapportant, afin d’éviter qu’elles ne se répètent
indéfiniment, à l’avenir. Par ailleurs, j’ai voulu aussi rendre hommage à cette illustre famille du Comté de Foix éteinte depuis plus de 150 ans dont le nom est intimement lié au château féodal de Miglos, qui bien qu’en ruines, semble toujours surveiller la vallée du Vicdessos, étonné sans doute (assurément les vielles pierres ont une âme) du nombre de promeneurs gravissant le promontoire en haut duquel il se dresse. |
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Auteur(s) : Hozier, Charles d'
(1640-1732) |
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Indicateur du Grand armorial général de France : recueil officiel dressé en vertu de l'édit de 1696 / par Charles d'Hozier... ; publ. sous la dir. de Louis Paris,... page 103 | ||
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Qu'est ce que l'Héraldique L’Héraldique (du nom des hérauts d’armes, qui ont codifié les Blasons dont ils ont composé les premiers recueils) est la science des Armoiries (du vieux français Armoyer qui signifiait orner d’armes héraldiques). Le
blason est l’ensemble des pièces qui constituent un écu héraldique. Cette
science utilise une terminologie bien particulière (édictée dès le XIIème
siècle) dont quantité de mots étranges qui lui sont spécifiques ont
disparu de l’usage courant, posant ainsi autant d’énigmes au profane.
Il en va de même pour déchiffrer les « meubles » (pièces ou
signes) ornant l’écu armorial, qui sont représentés de semblable façon
stylisée depuis l’époque féodale. En
fait, le blasonnement ou lecture héraldique du blason obéit à des règles
strictes et précises, qu’on ne peut ignorer si l’on veut parler
Armoiries. A
l’origine (aux temps des Croisades ) les armoiries étaient des marques
distinctes qui permettaient de reconnaître tel ou tel chevalier au cœur
des batailles contre les Infidèles , et ce, malgré la tenue de guerre de
l’époque où le combattant, empêtré dans sa côte de maille, avait
m^me la tête entièrement dissimulée sous le heaume. Ces
signes distinctifs peints sur l’écu mais aussi sur les diverses pièces
de l’armure et sur la housse des chevaux, étaient faits de motifs géométrique
simples, aux couleurs vives (« métaux » et « émaux »). Il
s’agissait donc d’attributs purement militaire, qu’on appelait
« connaissances » (signes de reconnaissance) au XIIème
siècle. En ce temps là, et lorsque l’on ne guerroyait pas, les armoiries
permettaient d’identifier les chevaliers qui entraient sur les lices,
pour s’affronter dans les joutes et tournois. Le blason, symbole de chevalerie, devient alors emblème héréditaire,
propre à la noblesse féodale. C’est
la marque caractéristique du seigneur, régissant toute l’organisation
(structures administratives, économiques et sociales) de son fief. A cet
effet, les sceaux reproduisent, en principe, le dessin des armoiries. Certains
domaines importants ont leurs armes propres, indépendamment de celles des
possesseurs successifs de ces terres. Dans ce cas, ces armoiries tenaient
leur origine de l’un des premiers maîtres du fief, dont le sceau
authentifiait nombre de chartes et actes divers. Les
armoiries vont évoluer rapidement. Au
fur et à mesure des alliances scellées (prépondérance d’une famille
sur l’autre) ou du rang de naissance du titulaire (fils aîné ou puînés)
les « partitions » (divisions), «brisures» (modifications) et «meubles» (pièces) de l’écu armorial vont
se multiplier. A
noter que les armoiries du chef de famille étaient transmises au fils aînés,
qui généralement , les conservés telles quelles. Au contraire,
celles des branches cadettes étaient caractérisés par de nombreuses
partitions et des « rebattements » (répétitions) de meubles. A
partir du XIVème siècle le blason ne sera plus l’apanage de
la noblesse. M^me le paysan pourra avoir sa propre marque ; seule
restriction : ne pas s’octroyer les armes d’autrui. L’importance
du blason deviendra telle que Louis XVI promulguera une ordonnance, le 20
novembre 1696, afin que toutes les armoiries soient enregistrées. Louable
intention destinée à obtenir une codification plus stricte du blason ?
Non, plus prosaïquement, un moyen de se procurer de nouvelles recettes.
En effet, l’enregistrement était
obligatoire et payant. C’est
alors qu’a été dressé « l’Armorial Général » de
Charles d’Hozier (70 volumes, qui sont conservés à la Bibliothèque
Nationale, à Paris) Antérieur ,
et également pour des motivations fiscales, la Noblesse avait été
soumise à la déclaration de ses « titres probants ». Ainsi,
en Languedoc, c’est pendant les années 1668 à 1670 que seront
enregistrés les généalogies, titres et armoiries des familles dont la
noblesse sera confirmée par « jugement souverains » de
l’intendant de la province, M. Bazin de Besons. L’ensemble
de ces travaux inestimables (Merci, en quelque sorte, à Louis XIV !)
est devenu l’outil de prédilection de très nombreux héraldistes et généalogistes,
de la période fin XIXème – début XXème siècle.
C’est à cette époque que la science du blason (emportée au siècle précédent
par la tourmente révolutionnaire, qui abhorrait tout ce qui pouvait
rappeler la Noblesse) a été remise à l’honneur. La
vulgarisation de tels documents a entraîné, parallèlement, la prolifération
de certaines erreurs relatives à la description des armoiries. Les
délégués de d’Hozier (par exemple) on fréquemment utilisé des abréviations
fantaisistes (sans parler d’une calligraphie souvent peu lisible) pour décrire
les blasons et leurs meubles. De
ce fait, les interprétations (d’écrivains et historiens régionalistes
compétents, mais peu versés dans l’héraldique) qui en ont découlé
n’ont pas toujours été très heureuses. C’est le cas pour les armoiries de la Famille de Miglos.
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| Gérard Lafuente | |||
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Voir bibliographie "le Magazine de l'Ariégeois Juin 1983 |
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